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MALAMPIA

Parce que le temps des contes est fini : bienvenue dans le réel. Vous n’avez pas peur ? Endormez-vous.

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CLAIRE BERGERAULT : Direction artistique, composition

EMMANUEL ADELY : Livret

BLANCHE GARDIN : Récitante

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Native de Poitiers, ce n'est pourtant qu'au moment de mes études universitaires
que je découvre l'histoire de La Séquestrée de Poitiers, qu’André Gide avait publiée
en 1930. Ce fait divers me fascine aussitôt, l'histoire de l'enfermement d'une jeune
femme, de la folie familiale qui le permet pendant vingt-cinq ans, des questions que
tout cela soulève.
Il me faudra plusieurs années cependant pour que cette histoire me semble
indispensable à mettre en scène. Je relis alors A. Gide, J.-M. Augustin, et cherche
dans cette séquestration ce qu'elle m'évoque, ce qu'elle provoque, ce qu'elle dit du
monde et de la solitude dans le monde.
L’ombre de cette histoire me suit, me poursuit, s’impose et dans cet intervalle il
y a #MeeToo, la période de confinement, le Covid, des guerres puis des guerres.
Beaucoup d’évènements successifs qui ont transformé la société en profondeur.
Aujourd’hui, Blanche a pris de multiples visages, elle est noire, elle est queer,
elle est petite, elle est grosse, il est elle, elle est un cri sans fin, d’un empêchement de
masse qui vient nous pousser dans nos derniers retranchements. Elle est le symbole
de nos enfermements à toutes et tous.
J’ai choisi de composer un oratorio car il constitue pour moi la forme vocale
par excellence. Contrairement à l’opéra, il ne comporte ni mise en scène ni costumes.
C’est une forme purement musicale qui est vouée à mettre en valeur le texte et ici la
voix dans ses multiples états, qu’elle soit parlée, chantée, bruitée, en choeur ou soliste.
Pour écrire le livret, j’ai choisi l’écrivain Emmanuel Adely dont l’écriture me
fascine par la qualité de son acupuncture précise, de son rythme qui pulse, qui danse
frénétiquement et qui ne se repose pas. Son écriture, c’est déjà de la musique
électronique, une rave perpétuelle qui fait résonner les murs jusqu’à ce qu’ils cèdent
sous le poids des mots.

 

Claire Bergerault

 

Ce serait un conte, et comme tous les contes il serait cruel.!
Mais contrairement aux contes il ne finirait pas bien.
Ou pas du tout.
Ce serait un conte, et comme tous les contes il parlerait de victime.
Mais contrairement aux contes il y aurait plusieurs victimes, d’innombrables
victimes, dont la principale, symboliquement, serait Blanche Monnier, dite La
séquestrée de Poitiers.
Ce serait un conte, et comme tous les contes il traiterait d’enfermement.
De tous les enfermements. Des enfermements imposés par l’autre, par les autres,
par soi-même, par la norme, par la société, la politique… Il traiterait de la folie/
refuge
Et de la peur. Des peurs ancestrales qui traversent l’inconscient, comme des peurs
contemporaines qui traversent le réel (écologie, conflits, nourriture, migrations…).
Emmanuel Adely

Ce serait un oratorio et comme dans tous les oratorios ou presque il y aurait un
récitant, ici une récitante et des solistes et un choeur et un orchestre aussi.
Ce serait un oratorio mais comme tous les oratorios il n’y aurait ni mise en scène,
ni costumes. Des espaces, des lieux dédiés, du sol et de l’ancrage.
Mais contrairement aux oratorios, les solistes ne chanteraient pas tous.
Ils seraient instrumentistes ou chanteurs selon les moments.
Contrairement aux oratorios, il n’y aurait pas un choeur mais deux : le choeur antique,
et le choeur de la rumeur.
Ce serait un oratorio et comme tous les oratorios il mettrait à l’honneur un
personnage, ici ce serait une femme – des femmes – plusieurs femmes, et des
hommes aussi.
Claire Bergerault

 

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